programme scorpion

A l’heure où les troupes françaises sont déployées un peu partout dans le monde, que ce soit en Jordanie, dans la bande sahélo-saharienne, le Tchad ou bien encore la Côte d’Ivoire, on se rend compte que les moyens de transport terrestre sont mis à rude épreuve sur des terrains à la nature hostile.

C’est fort de ce constat que le programme Scorpion a vu le jour. Comprenant modernisation d’anciens véhicules ou livraison de nouveaux équipements, le programme a pour objectif de doter l’armée française des capacités techniques et matérielles lui permettant de répondre aux nouvelles contraintes opérationnelles modernes.

Le redoutable jaguar

Le programme Scorpion prévoit entre autres le remplacement de nombreux engins actuellement en utilisation dans les armées par de nouveaux modèles plus modernes et adaptés aux théâtres d’opérations contemporains. C’est dans cette démarche de modernisation et d’adaptation dans la durée (rappelons que le programme Scorpion est acté dans la loi de programmation militaire de 2019 – 2025 signée en 2018) , que l’armée fait aujourd’hui ses adieux à ses chars Sagaie et AMX 10RC. Ces engins blindés de reconnaissance et de combat seront remplacés progressivement par les nouveaux Jaguars.

Véritable fleuron du savoir-faire français, le Jaguar dispose de nombreux atouts non négligeables pour notre armée. Premièrement, la puissance de feu du véhicule est à souligner. Équipé d’un canon de 40mm, de missiles de moyenne portée, et de tourelle télé-opérée, le Jaguar est polyvalent et peut fournir un soutien à l’infanterie face à un large panel de menaces modernes. Il convient aussi de souligner la protection exceptionnelle de ce véhicule, notamment avec de nombreux détecteurs permettant à l’engin de détecter un ciblage laser, un départ de feu ou de missile dans sa direction. A cela viennent s’ajouter des capacités de traitement de l’information accrues, notamment par la présence de systèmes d’informations de nouvelle génération (SICS). Au total, 150 exemplaires seront livrés à nos armées prochainement afin d’affirmer la volonté de la France de se doter de capacités de projection et de combat adaptées aux menaces modernes dans le cadre d’un conflit contemporain.

Le Griffon sort les griffes

Le Griffon est un Véhicule Blindé Multi-Rôle (VBMR) permettant d’assurer les missions de transport et d’appui des groupes tactiques inter-armes. Côté protection des combattants engagés, la volonté du ministère a été d’assurer leur sécurité au maximum en renforçant le blindage notamment contre les engins explosifs improvisés (EEI). Le Griffon utilise également des capteurs de dernière génération et est équipé d’une tourelle télé-opérée qui évitera à un mitrailleur de s’exposer lors d’accrochages avec l’ennemi.

Si le projet a été lancé en 2010 via le BMX 01, du nom donné par la Direction Générale de l’Armement, la production n’a débuté qu’à partir de 2018. L’assemblage s’est fait à l’usine Nexter de Roanne, une entreprise bien connue du secteur du matériel de défense car elle est également chargée de la production du VBCI (Véhicule Blindé de Combat de l’Infanterie). Nexter est aussi à l’origine de l’emblématique char Leclerc, dont nous parlons plus bas.

De nouvelles capacités opérationnelles

Côté performances, le Griffon est un véhicule 6 roues motrices équipé d’un moteur de 400 cv couplé à une boite de vitesse automatique permettant d’atteindre les 90 km/h. Doté de trains roulants indépendants, d’un système de variation de pression de gonflage pour chaque pneu en fonction du terrain et d’un système de roulage à plat, le Griffon dispose surtout d’une architecture électronique dernier-cri qui va permettre au VBMR d’être le meilleur dans sa catégorie.

Le modèle est décliné en quatre véhicules avec une version félin, une version de section d’appui de tireur d’élite, une version destinée à l’emport de missiles moyenne portée et enfin une version dédiée au ravitaillement tout en assurant déjà les fonctions d’ambulance ou d’évacuation d’urgence.

Le char Leclerc : toujours en avant

Enfin, une modernisation de matériel existant est prévue, notamment avec l’amélioration des chars Leclerc. Les armées ont pu découvrir avec surprise et effroi l’inefficacité des moyens militaires conventionnels lors de conflits modernes et notamment en milieux urbains. Ce point étant un véritable enjeu stratégique, il fallait trouver des alternatives efficaces pour pallier ces problèmes, notamment pour ce qui est des engins blindés lourds. Ces derniers représentent une force écrasante et décisive dans un espace ouvert avec une portée pouvant aller jusqu’à 4000 m pour le canon de 120mm du Leclerc. Cependant, le milieu urbain vient annuler de nombreux avantages tactiques apportés par les chars, distance réduite, difficulté de déplacement, de nombreux couverts pouvant abriter des dispositifs anti-char sont autant de dangers pour le Leclerc.

Une mise à jour bien méritée

Pour remédier à cela, il fut décidé de faire passer le Leclerc à un autre niveau opérationnel via de nombreux ajouts, notamment pour le traitement de l’information et la communication avec les autres éléments présents sur le théâtre d’opération. Le char se verra donc doté de nouveaux moyens de télécommunication, d’information et de commandement ainsi que de nouveaux kits de blindages modulables permettant d’apporter une réponse efficace à la menace que sont les EEI, tristement connus pour leur efficacité dans les pays tels que l’Afghanistan.

Il est évident que le char n’occupe plus la place prépondérante pour laquelle il a été conçu, les plaines européennes de la guerre froide et du pacte de Varsovie et leurs légions de chars ont laissé place aux plaines désertiques et aux théâtres urbains lointains, ne permettant plus l’utilisation de moyens lourds (le char Leclerc représente un poids de près de 57 tonnes tout de même). Néanmoins, ces améliorations permettront au char français de maintenir une présence et des capacités opérationnelles adaptées pour encore de nombreuses années.

Le char Leclerc

Grâce au programme Scorpion, l’armée de terre fait un véritable bond technologique dans la protection des passagers contre les menaces balistiques et les mines artisanales tout en dotant les responsables embarqués des meilleurs outils d’aide à la décision face aux menaces. De quoi protéger au maximum les fantassins nouvelle génération et appréhender au mieux le champ de bataille lors des conflits à venir.

Pour aller plus loin