Aya Nakamura

Elle est l’artiste francophone la plus écoutée au monde. Aya Nakamura n’a pas seulement séduit la France – son pays d’adoption – et le Mali – son pays d’origine – elle est aussi beaucoup suivie en Asie, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis et dans le reste de l’Europe et de l’Afrique, bref partout ! ExaFrance décrypte les raisons d’un tel succès.

Avec un compteur oscillant entre 13 et 20 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify, l’interprète de Djadja et Pookie se rapproche de plus en plus du Top 100 international de la célèbre plateforme. Elle trône fièrement sur la première marche du podium français, loin devant Jul (3,3 millions) et Booba (2,3 millions), et s’octroie par là même le titre d’artiste francophone la plus streamée de la planète. Un succès construit en peu de temps depuis ses débuts en 2014 et son premier album, Journal intime, sorti en 2017. Mais pourquoi la plantureuse Aya plaît-elle à ce point à l’étranger alors qu’elle ne chante qu’en français ?

Une langue bien à elle

Les Français eux-mêmes avouent ne pas toujours tout comprendre au langage d’Aya Nakamura. Adepte d’un argot unique et d’un jargon qui lui est propre, la chanteuse malienne emploie des mots simples et les délivre d’une diction si particulière que même les non francophones y succombent. Elle parvient à elle seule à défaire la légende selon laquelle il est plus compliqué de faire « sonner » la langue de Molière que celle de Shakespeare. Avec Djadja, son premier et plus gros succès à ce jour, elle devenait la première artiste féminine francophone à atteindre la première place des ventes aux Pays-Bas depuis Edith Piaf en 1961. La combinaison et l’enchaînement de ses mots sont empreints d’une véritable musicalité qui n’a rien à voir avec la clarté de son discours. En clair : pas besoin de comprendre pour aimer et danser.

* Source : voir l’article de terrafemina

Un charisme indéniable

La silhouette d’Aya Nakamura ne laisse personne indifférent. Du haut de son mètre 78 (sans les talons bien sûr), elle adopte une posture qui en impose. Particulièrement nonchalante, elle semble naturelle et ses prises de parole peu conventionnelles (là encore il faut suivre le vocabulaire !) accentuent son caractère spontané et séduisant. Qu’elle le veuille ou non – elle s’en défend d’ailleurs parfois – elle incarne le féminisme par son comportement (bah ouais !) et ses tenues sexy. « Il y a une libération du corps dans la musique d’Aya Nakamura », confie Narjes Bahhar, journaliste musicale et “Madame Rap” chez Deezer, au magazine Terrafemina*.

Dans les clips de l’artiste, le girl power est souvent souligné et sa posture de “boss” symbolise sa revanche sur l’attitude souvent méprisante voire violente des hommes à son égard. Voilà qui retentit tout particulièrement en pleine période Me Too. L’actualité autour du mouvement Black Lives Matter résonne aussi dans son parcours. « J’me débrouille toute seule, ce que j’ai, je l’ai gagné toute seule » chante-t-elle sur Biff, rappelant sa détermination et son profil de combattante. Sûre d’elle, Aya n’a jamais fait de compromis ; elle raconte ici et là avoir refusé de s’éclaircir la peau malgré la pression de certains professionnels de la musique qui lui promettaient une plus grande audience. Il faut croire qu’elle n’a pas eu besoin de ça.

Un style qui ratisse large

Son public, elle l’a gagné en livrant une musique authentique et encore une fois unique, un mélange de tous les styles qui cartonnent en ce moment : pop, R&B, afropop et dancehall avec un flow parfois proche du rap. Cette musique sans frontière, elle l’explique par sa double culture franco-africaine, elle qui est née au Mali avant de venir s’installer avec ses parents à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Et puis, les chansons d’Aya Nakamura transpirent l’honnêteté.
Qu’on y pige quelque chose ou pas, les sentiments passent. C’est quelque chose d’intangible, quelque chose qui se ressent.
Aya Nakamura a l’image d’une artiste vraie et sincère. Elle parle d’amour, de déceptions, de combats du quotidien et même de sexe sans tabou. Sa spontanéité fait mouche et elle l’utilise à bon escient à travers une communication soignée et maîtrisée.

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Du buzz du buzz du buzz

Rien que son nom d’artiste, emprunté à un des personnages de la série américaine Heroes (Hiro Nakamura), parle au monde entier.
Sa stratégie de communication semble bien rodée et elle ne cache pas ses ambitions internationales.
Pour la sortie de son troisième album sobrement intitulé Aya, elle s’est même affichée en grand à Time Square !

Très présente sur les réseaux sociaux, elle joue de son naturel et de son charisme et ignore magistralement les innombrables critiques à son égard qui s’éloignent souvent de sa musique. Son faux bond à l’émission Quotidien le jour de la sortie de son album aura également fait couler beaucoup d’encre. Au lieu d’aller rendre visite à Yann Barthès dans l’une des émissions les plus regardées de la télévision française, la chanteuse a tranquillement célébré cette sortie entre amis. Des vidéos de cette soirée avec des invités sans masque ont fuité et créé la polémique en plein confinement.
Voulu ou pas ? En tout cas le buzz était bien là !

Adoubée par des stars internationales

Le buzz ne vient pas toujours d’elle d’ailleurs. Plusieurs stars internationales ont contribué à amplifier le phénomène Aya Nakamura sur toute la planète. C’est Rihanna la première qui s’est affichée sur les réseaux sociaux en se déhanchant au son de Djadja.
Une belle surprise pour Aya qui s’est empressée de partager la vidéo devenue virale. Tout comme celles du footballeur brésilien Neymar ou du chanteur britannique Sam Smith. Mais celle qui a sans doute eu le plus de retentissement est bien sûr la vidéo de Madonna en train de motiver ses troupes avant de monter sur scène en écoutant… Djadja, encore ! Un titre devenu incontournable dans le monde entier et d’autant plus depuis le remix du Colombien Maluma, une immense star du reggaeton aux plusieurs milliards de vues sur Youtube.

La carrière internationale d’Aya Nakamura n’en est pas à ses débuts. Elle s’est déjà produite dans son pays en première partie de Davido à Bamako, au grand festival Mawazine au Maroc ou plus récemment à Dubaï et elle devait même être programmée à Coachella aux Etats-Unis en 2020, l’évènement considéré comme le plus important festival du monde, malheureusement annulé à cause de la crise sanitaire. La chanteuse continue de conquérir le globe et ses récents featurings avec les artistes anglais Stormzy et Ms Banks sur son nouvel effort vont évidemment continuer de lui ouvrir des portes. Après avoir été nommée à la cérémonie américaine des BET Awards en 2019, la chanteuse accèdera-t-elle aux prestigieux Grammy Awards ? Wait and see…

Pour aller plus loin

Page twitter recensant tous les records d’Aya Nakamura :